Les tendances… vues à l’IFE de Londres et au M.A.D.E. (Paris)

Publié le 29/04/2019 | Tendances

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Au programme du dernier retour salon ialys de mars : l’IFE International Food & Drink Event de Londres et le M.A.D.E. à Paris. Plutôt qu’un catalogue de nouveaux produits repérés sur les salons, Fabien Le Bleis, de la Technopole Quimper Cornouaille, animateur de l’atelier, a balayé les tendances globales autour de l’alimentation, enrichies de son point de vue. Il a proposé également une méthodologie pour construire sa propre veille innovations.

Organiser sa veille innovations

L’IFE International Food & Drink Event se tient à Londres, tous les deux ans. Il est le plus grand salon du Royaume Uni avec 27000 visiteurs de 111 pays pour 1300 exposants. Le M.A.D.E. est le rdv premium de l’ensemble des réseaux de distribution, qui viennent y chercher des partenaires fabricants, pour la co-création de produits à marques propres. Il a accueilli cette année 450 exposants, 174 innovations, plus de 50 000 produits, 4 500 visiteurs professionnels dont 15% venant de l’étranger.

Les sites internet de l’IFE et du MADE, comme celui du CFIA, sont une mine d’informations pour accélérer sa veille de tendances et de produits innovants. Chaque salon présente une base de données sur les exposants, avec un tri possible par pays et la présentation de leurs nouveaux produits. Egalement présentes sur les réseaux sociaux, ces informations permettent de faire sa veille, en amont du salon, sur Twitter ou Instagram, qui met en scène les produits ! A suivre également les newsletters et magazines des salons, accessibles sur leur site.

Les tendances produits 

Les tendances majeures répondent aux attentes nutritionnelles, de plus en plus fortes. Avec toujours le sans gluten, moins de sucre, sans lactose, les alternatives aux produits gras… Et les aliments fermentés, qui ne sont, désormais plus un signal faible, avec le développement d’une diversité de produits (laitiers, poissons, viande, végétaux) mettant en avant leur bénéfice santé. Côté ingrédients, les épices avec les dimensions origine, transparence et traçabilité. Côté formats : les balls, les produits prêt-à-consommer, l’offre snacking, de plus en plus perceptible, sur des instants de consommation, tel le petit-déjeuner. Les nombreuses boissons alternatives sont une spécificité de l’IFE, compte tenu de l’importance des sodas en Grande-Bretagne.

Simple, transparent, local, végétal…

Quelques exemples de nouveaux produits vus à l’IFE, en lien avec les tendances :

  • L’ère du végétal reste d’actualité, car en phase avec les attentes sur la santé, le développement durable, le bien-être animal. Si le nombre de végétariens et de vegan reste limité, celui des flexitariens ne cesse de croître : 23 % dans le monde aujourd’hui et 34% en France : lait de pois, box prête-à-manger quinoa/artichaut/poivrons, boisson riche en minéraux à la spiruline…
  • Côté alternatives, les nouvelles protéines, tels les insectes, les algues ou les légumineuses, le remplacement du sucre raffiné par des produits plus complets et plus denses nutritionnellement, le retour des acides gras, quand ils sont essentiels : un plat à base de 100 % haricot, boisson de kombucha, snack d’algues…
  • Le retour aux basiques : des produits plus simples, connus, moins transformés, produits pas des entreprises locales : filets de thon rouge (Italie), cornichon à l’ail noir (UK), choucroute fermentée crue (Ecosse)…
  • Enfin la tendance Clean & Clear label avec des allégations naturelles : transparence, simplification de la liste des ingrédients, suppression des additifs artificiels, mise en avant de la naturalité des ingrédients sélectionnés, voire produits bio, artisanaux, locaux ou moins transformés, avec mise en avant des avantages nutritionnels (vitamines, minéraux, etc.).

Le phygital ou achat digital au MADE

Le phygital (physique+digital) était le thème central du MADE. Le phygital a pour but de faciliter la vie des consommateurs, la rencontre produit/consommateur, l’accès à l’information et aux produits, et du gain de temps. C’est une tendance incontournable, car un internaute sur deux a déjà acheté un produit alimentaire en ligne.

Sur ce sujet, le MADE organisait en janvier dernier à Lille, en amont du salon : « Entretiens et controverses : jusqu’où ira le phygital ? ». Nouvelles mobilités, nouvelles consommations, accès aux produits et aux informations, rapport à l’alimentation, personnalisation … tous les modèles sont questionnés par le digital :

  • les CSP+ des grandes agglomérations, de 25/34 ans, achètent sur internet pour le gain de temps,
  • les CSP-, des petites et moyennes agglomérations, jeunes et seniors, suivent les conseils d’alimentation,
  • les inactifs du rural, de plus de 50 ans, achètent pour les prix, la diversité, la disponibilité.

L’impression 3D, les produits et packagings connectés en découlent… Le phygital répond à une tendance majeure qui est la personnalisation, à l’image de ce que font Coca-Cola, M&Ms ou… Cook&Be, jeune entreprise FoodTech installée à Quimperlé, qui propose de constituer les menus de la semaine, à partir des contraintes de consommation, telles les allergies ou intolérances.

TÉLÉCHARGER ENTRETIENS&CONTROVERSES

Les services Food Tech

Au croisement de l’alimentation et du digital se développent les services FoodTech pour répondre aux attentes des consommateurs. Nombre d’entre eux sont aujourd’hui perfectibles et soumis aux évolutions de la réglementation. Quelques exemples :

– l’application Scan up qui communique sur les analyses de Siga qui caractérise précisément le degré de transformation des aliments et permet d’identifier des produits plus sains sur la base de la présence d’additifs, et, si c’est le cas, le risque pour la santé ;

Connecting food : basé sur la technologie Blockchain, permet un audit en temps réel pour démontrer la transparence alimentaire ;

Dietsensor analyse la qualité nutritionnelle de produits alimentaires sur la base du NutriScore et Nova ;

Mobeefox, l’emballage communicant est une plateforme web qui permet de créer communication et services autour des emballages ;

Too good to go : une application contre le gaspillage alimentaire qui met en relation commerçants et consommateurs,

Tool4food met en relation les industriels qui ont de la capacité de production disponible avec ceux qui en ont besoin.

Les jeunes entreprises innovantes

Mais la FoodTech ce sont aussi de jeunes entreprises innovantes, qui répondent aux nouvelles attentes alimentaires, aux tendances actuelles :

  • les boules apéro, naturelles et bio, de Funky veggie, pépites soufflées à base de pois chiches ;
  • les Cocktails d’Hadrien, prêts à consommer surgelé, avec glace pilée et ingrédients déjà mélangés, sans goût chimique, ni conservateur ;
  • les boissons Mé Mé composées de thé vert Matcha et de sèves végétales, le moût de raisin remplaçant le sucre ;
  • les farines Green d’Oz à base de légumes ;
  • la production de champigons, les kits de champignons à faire pousser chez soi et des recettes de tartinables, bolognnaises Pleurette.

A noter en Cornouaille :

> La Marmite de Lanig et ses soupes bio végétariennes de légumes et algues, destinées au réseau spécialisé bio : poêlée poireau soja et algue wakamé, poêlée soja, algue dulse et patate douce;

> les snacks salés clean-label, bio et végétaux de Flocon, à base de fruits et légumes, avec des pois chiches, des noix de cajou et une pointe d’huile de sésame; Flocon a participé au Cornouaille gourmand en 2018 sur l’espace innovation ialys, pour tester ses nouveaux produits.

Le packaging

Un focus a été également fait sur le packaging, sur la base d’une étude menée, pour le salon All4Pack 2018, par Fabrice Peltier, expert du design-packaging. Cette étude propose des leviers d’évolution des emballages en fonction de quatre défis sociétaux majeurs :

  • Le vieillissement : priorité à l’ouverture et à la fermeture, puis à la lisibilité, au format, avec le portionnage par exemple, au poids des produits et aux messages ;
  • Ressources de la planète : en priorité l’éducation, puis l’obligation et la répression avec la taxation des emballages les moins recyclables, la rémunération du retour d’emballages, de nouveaux matériaux ;
  • L’intelligence artificielle : faciliter, contrôler et récompenser le tri, automatiser le recyclage, autogérer la fin de vie, assister les personnes âgées ;
  • La mobilité : considérant que la voiture sera un lieu de vie, adapter forme et dimension, fermeture et étanchéité, anti-chute, froid et chaud, gestion des déchets…

TÉLÉCHARGER L’ENSEMBLE DE L’ÉTUDE

Les retours salons ialys

Cette présentation à destination des entreprises de l’aliment était animée par Fabien Le Bleis, chargé de mission agroalimentaire et délégué territorial Valorial, à la Technopole Quimper-Cornouaille. Elle est organisée en partenariat avec Quimper Cornouaille Développement.

Depuis 2015, ce sont deux retours salons qui sont organisés annuellement pour les entreprises.

Retrouvez ici les détails de l’organisation du prochain retour salon de l‘Anuga de Cologne.

Merci à Kerné pour la photo !

Kerne-verre