Les consommateurs engagés

Publié le 18/10/2019 | Tendances

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Dix entreprises réunies autour du Centre Culinaire contemporain, à l’invitation de la Technopole Quimper Cornouaille, pour évoquer les consommateurs dits engagés. Qui sont-ils ? Sur quoi s’engagent-ils ? Comment répondre à leurs attentes ? Telles étaient les questions traitées lors de cet atelier Innov’Agro de la rentrée, sur la base de nombreux exemples de produits et d’un atelier de mise en situation, pour comprendre le néo-consommateur. Les tendances néo-consommatrices influencent les habitudes alimentaires et impactent les comportements d’achats.

Qui sont les néo-consommateurs ?

Les néo-consommateurs sont des consommateurs avertis, responsables et engagés, qui ne peuvent être définis par un âge, une catégorie socio-professionnelle, une position géographique : tout le monde peut être concerné, à un moment ou à un autre. La retraitée de 72 ans qui utilise peu de produits transformés est une néo-consommatrice. Un consommateur qui est susceptible d’acheter de tout, c’est-à-dire des produits transformés, des produits bruts, des légumes, etc. peut en être un aussi, mais selon les moments…

Mais sur quoi porte leur engagement, prioritairement ? Y a-t-il une tendance plus forte que les autres ? Peut-on être néo-consommateur sur tout ?

L’environnement et le développement durable

Une des tendances majeures porte sur l’environnement et le développement durable, avec, notamment, la progression du bio. De nouvelles gammes de produits quasi-identiques à leurs grandes soeurs, mais répondant à cette tendance, se sont développées en grande distribution. Mais il y a aussi Bleu Blanc Cœur, les labels, comme le Label rouge, mais également les mentions et allégations nouvelles, telles « zéro pesticide ».

La saisonnalité arrive désormais de plus en plus sur le devant de la scène. A ce titre, Savéol a dû mener une campagne de communication pour justifier l’arrivée plus tôt dans la saison de la gariguette ! A noter les recettes de l’atelierV qui se calent sur la saisonnalité et associent légumineuses françaises, céréales et légumes de saison : crumbles, falafels et houmous, de betteraves, par exemple… !

Autre critère important de néo-consommation : la notion de local et d’achats en direct. De nouveaux magasins se créent, à l’image de « La récolte » ou, à Quimper, « la ferme de Locmaria » ou la boulangerie Pains & Kouign qui s’approvisionne à hauteur de 10% en farine locale.

Le mouvement « zéro déchet » est également de plus en plus plébiscité, avec la mise en place d’un système de consignes (loop), des matériaux d’emballages recyclables ou compostables, comme, par exemple la brique de lait avec un plastique végétal à l’intérieur, à la place de l’aluminium. Néanmoins, comme tous les autres critères, le prix est plus élevé, d’où la pédagogie nécessaire, bien que ça soit une demande (cf. sur le sujet l’article en ligne sur les emballages plastiques et le recyclage). De la même manière, sur la valorisation des déchets alimentaires, la pédagogie s’impose sur une sémantique de co-produits plutôt que de déchets.

La déconsommation ou le boycott de produits impactent également la consommation aujourd’hui à l’image des recettes modifiées pour remplacer les produits controversés comme l’huile de palme.

Enfin, en fait partie, l’alimentation plus végétale, qui a engendré de nouveaux produits en magasin, simples imitations de produits animaux ou non.

Le consommateur engagé pour sa santé

Autre tendance majeure, dont on ne sait si elle est plus ou moins importante que celle de l’environnement, mais qui est un élément essentiel désormais pour les consommateurs engagés : la santé. Le néo-consommateur va veiller à l’impact de son alimentation sur son corps et son mental. Le végétal est, sur ce critère également, une source de nourriture rassurante : « veggie » est un mot qui a la cote sur les packagings. Les produits « sans » également deviennent gage de qualité : les ingrédients accessoires et non naturels sont supprimés.

Dans le même esprit, l’expansion du fait maison et des robots ménagers, avec des kits pour le plaisir de faire soi-même. Mais aussi la démarche santé qui s’insinue dans le temps de convivialité, sur le marché de l’apéritif en pleine expansion !

Le digital

Enfin, le digital répond bien sûr à des consommateurs engagés, même s’ils ne sont pas forcément avertis ! Car le néo-consommateur est connecté et les applis qui se sont créées, sont simples pour des néophytes. Au-delà de la plus utilisée Yuka, existent aussi : fatsecret qui calcule les calories, allergobox et les allergènes, etc. Dans ce domaine connecté, à noter aussi l’essor de la livraison à domicile, avec Uber Eats, par exemple. Et enfin, l’internet comme outil pour s’engager, échanger et créer, à l’image de la marque « C’est qui le patron ? » dont les actionnaires-acheteurs sont interrogés et deviennent des consomm’acteurs. Côté Blockchain, si elle est aujourd’hui traitée plus par les industriels, que par les clients, elle commence à se développer, avec Connecting Food, par exemple. A l’image des produits Connétable de La Maison Chancerelle qui permettent de savoir d’où vient le poisson !

Comment répondre aux consommateurs avertis

En résumé, pour répondre aux consommateurs avertis, il faut utiliser des ingrédients d’origine végétale, valoriser un approvisionnement local et responsable, des recettes liées aux saisons, sans additifs, avec des emballages compostables, recyclables ou réutilisables. Sans oublie de communiquer sur des valeurs et engagements, sur les qualités de produits, en utilisant le packaging, le digital ou des systèmes de distribution en développement, tels la livraison, les magasins de producteurs ou la vente en vrac… ! Il n’existe donc pas forcément un produit pour un néo-consommateur, ni un seul type de néo-consommateur : ils consomment de manières diverses, sont parfois paradoxaux et ne le sont pas tout le temps ! Mais, si l’on ajoute le fait que le repas s’individualise, être néo-consommateur demande du temps et de l’implication pour déterminer ses achats !

Et, pour répondre à cette hyper personnalisation des produits avec de multiples éléments à croiser, les entreprises répondent par la création de beaucoup de nouveaux produits sur de nombreux segments de marché et avec des durées et volumes raccourcis.

Détails et approfondissements sur le sujet, auprès d’Elise Battais du centre culinaire contemporain et/ou de Fabien Le Bleis de la Technopole Quimper Cornouaille/Valorial.

Les ateliers Innov’agro sont organisés par la Technopole Quimper Cornouaille, au titre de ialys, et avec l’appui de Quimper Cornouaille Développement. Quatre ateliers sur l’innovation en Recherche, Développement et Marketing sont organisés chaque année, dont le prochain et dernier de 2019 :

Rédaction : Dominique Pennec, Quimper Cornouaille Développement. Merci à Elise Battais du Centre Culinaire contemporain !

Yuka