Impacts de la baisse de la consommation de viande

Publié le 30/09/2020

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Hormis la charcuterie, toutes les viandes connaissent une baisse de leur consommation, en France, depuis une dizaine d’années. Le Centre d’Etudes et de Prospective du Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation (CEP) a mis en ligne une étude, dont voici un résumé, et qui analyse les effets de cette baisse sur l’agriculture française.

Une baisse structurelle et conjoncturelle

Les analyses du Crédoc montrent que cette baisse est une tendance de fond, même si, en 2017, la population ayant totalement supprimé la viande n’était en France que de 2%. En effet, 47% des Français interrogés estiment manger de la viande en trop grande quantité. Les raisons sont diverses : santé, environnement (gaz à effet de serre), coût, culture, bien-être animal… Il convient également d’y ajouter l’évolution structurelle de la population française qui, vieillissant, mange moins de viande.

Le CEP a comparé l’évolution possible sur la base de 2 scénarios. Le premier se base sur une tendance qui se poursuivrait de manière identique à celle observée et, le deuxième, sur l’adoption par toute la population française du régime alimentaire idéal, tel que préconisé par le PNNS 4 (Plan national Nutrition Santé).

Scénario 1 : réorientation partielle des surfaces

Dans tous les cas, la baisse de la demande de viande risque d’entraîner une baisse des prix de vente. Les fermes mixtes auront alors intérêt à réorienter leurs surfaces dédiées aux animaux, pour garder une rentabilité proche de l’actuelle. Les emplois supprimés d’un côté seraient compensés par des créations de l’autre. De la même manière, en terme d’environnement, les achats d’intrants tels que produits pétroliers ou phytosanitaires, viendraient “compenser” la baisse des gaz à effet de serre (GES) dus aux animaux eux-mêmes. Ce scénario se base sur un rééquilibrage au sein des fermes, pour arriver à une même rentabilité et ne prend pas en compte les réorientations des consommations de viande vers les productions végétales.

Scénario 2 : suivi des préconisations du PNNS

Dans le cas d’une adoption massive des recommandations du PNNS 4 par les consommateurs, la baisse de la consommation de viande est estimée à 38 %, d’ici à 5 ans. Les surfaces libérées par les productions animales seraient suffisants pour les productions végétales supplémentaires. Mais celles-ci ne permettraient pas d’atteindre une rentabilité proche, y compris en doublant les prix de vente. Les politiques publiques seraient alors nécessaires pour encourager cette évolution. A défaut, ce sont les importations qui permettraient cette croissance. En revanche, les GES pourraient être impactées à la baisse.

Une nécessaire évolution profonde 

L’analyse ne distingue pas les différentes conduites d’élevage (intensif, extensif, etc.) et il est vraisemblable que les régions spécialisées dans l’élevage intensif seront confrontées à des défis plus importants que celles de cultures végétales. Elle ne prend pas non plus en compte l’effet exportation.

L’adaptation des filières représente un enjeu important, même si des réorientations sont entamées,  à l’image d’Interbev qui recommande de manger moins de viande, mais de meilleure qualité. Sans évolution profonde de l’agriculture, le secteur végétal pourrait ne pas suffire à maintenir les résultats économiques des exploitations. Et, au delà des exploitations seules, les secteurs de l’amont et de l’aval, par exemple les filières d’alimentation animale, seraient également impactés.

Télécharger la note complète du CEP

Rédaction : Dominique Pennec / Photo : Frédérique Huet, / Quimper Cornouaille Développement

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